L’écopâturage semble être une innovation récente, mais cette pratique ancestrale remonte en réalité aux origines mêmes de l’élevage. Des premières domestications au Néolithique jusqu’au retour des moutons en ville au XXIe siècle, découvrez comment l’éco-pâturage a traversé les millénaires. Vous vous demandez depuis quand existe l’écopâturage ? Retour sur 10 000 ans d’histoire.
🏺 Au Néolithique : la naissance du pastoralisme (10 000 – 3 000 av. J.-C.)
La domestication des premiers moutons au Proche-Orient
Entre 10 000 et 8 000 ans avant notre ère, l’humain a commencé à domestiquer le mouton, parmi d’autres espèces domestiquées à cette époque comme :
- la chèvre,
- le porc,
- et le bœuf.
Cela s’est déroulé dans une région comprise entre l’Anatolie orientale (actuelle Turquie) et le Zagros central (actuel Iran).
Aujourd’hui, nous savons que le mouflon du Proche-Orient (Ovis gmelini) est l’ancêtre maternel de tous les moutons domestiques actuels.
Bien sûr, cette domestication ne s’est pas faite en un jour : elle résulte d’un processus lent où les humains et les animaux ont chacun trouvé des avantages à cohabiter.
L’arrivée du pastoralisme en Europe
En Europe, le mouton domestique n’a pas d’ancêtre sauvage. Il a été introduit sur notre continent au Néolithique, il y a 8 700 à 7 000 ans, par les communautés agricoles venues du Proche-Orient.
Dès leur arrivée, ces animaux grégaires et herbivores ont révolutionné l’économie humaine. Les humains sont passés progressivement de chasseurs-cueilleurs à agriculteurs-éleveurs.
🏛️ De l’Antiquité au Moyen Âge : le pâturage comme pilier économique
Le pâturage dans les civilisations antiques
Durant l’Antiquité, le pâturage s’impose comme une activité économique majeure dans toutes les grandes civilisations méditerranéennes (Grecs et Romains notamment). Les moutons leur fournissent de :
- la laine,
- la viande,
- du lait,
- et des peaux.
Les troupeaux paissent alors sur les terres communes, dans les espaces ouverts entourant les cités. C’est l’équivalent de ce qu’on appelle aujourd’hui l’écopâturage urbain ; lorsque les animaux entretiennent naturellement les espaces verts aux portes des villes.
La transhumance médiévale
Au Moyen Âge, la transhumance atteint son apogée en Europe. Les bergers conduisent leurs troupeaux sur de longues distances, suivant les chemins traditionnels, pour profiter des pâturages d’été en montagne et revenir dans les plaines l’hiver.
Cette période voit également se développer le système des communaux, ces terres collectives où chaque habitant du village peut faire paître son bétail.
🏭 XIXe – XXe siècle : l’élevage urbain avant l’industrialisation
Des moutons à Paris et dans les grandes villes
Contrairement aux idées reçues, la présence de moutons en ville n’est pas une nouveauté du XXIe siècle. Au début du XXe siècle, les Parisiens connaissaient bien la présence de moutons à Pantin, Bobigny et dans le bois de Vincennes.
Les grandes villes européennes comptaient, en effet, des troupeaux qui paissaient sur :
- les terrains vagues,
- les fortifications,
- et les espaces non bâtis.
Cette cohabitation entre moutons et habitants était alors considérée comme normale et même nécessaire pour l’approvisionnement alimentaire des populations urbaines.
La Grande Halle de la Villette, par exemple, avant de devenir un centre culturel, était les abattoirs modernes inaugurés en 1867 où l’on abattait quotidiennement 23 000 moutons.

La disparition progressive des animaux en ville
Avec l’industrialisation et l’urbanisation massive du XXe siècle, les animaux d’élevage ont disparu progressivement des villes. Sont en cause :
- les tondeuses mécaniques,
- l’utilisation massive de pesticides
- et la transformation des modes de vie urbains.
Les moutons sont alors relégués à la campagne. Cette rupture marque une période d’oubli du pâturage urbain qui durera plusieurs décennies… jusqu’à que les préoccupations environnementales et la recherche d’alternatives ramènent les moutons dans nos communes !
🌱 Années 1980-2010 : le retour de l’écopâturage moderne
Les premières expérimentations françaises
Le terme « écopâturage » fait son apparition dans les années 1990. Les pionniers redécouvrent les avantages du pâturage pour l’entretien écologique des espaces verts :
- réduction du bruit,
- absence d’émissions de CO₂,
- fertilisation naturelle des sols,
- et retour de la biodiversité.
L’écopâturage s’inscrit alors dans une démarche de gestion différenciée des espaces publics.
L’essor des années 2000
À partir des années 2000, l’écopâturage connaît un essor spectaculaire. De nombreuses entreprises et collectivités font appel aux moutons pour entretenir leurs terrains.
À titre d’exemple, chez GreenSheep, nous travaillons ou avons déjà travaillé avec :
- des villes telles que Paris (75), Brebières (62), Pantin (93)…
- des établissements tels que l’École des hautes études de santé publiques de Rennes (35), l’Hôtel de Police de Lyon (69)…
- des EHPAD tels que l’EHPAD Korian du Havre (76), la maison de retraite Domusvi à Chartres (28)…
- et de nombreuses autres structures !
🏙️ Aujourd’hui, l’écopâturage est une solution d’avenir
Un marché en pleine expansion depuis la loi Labbé (2017)
L’adoption de la loi Labbé en 2014, qui interdit l’usage de pesticides chimiques dans les espaces publics depuis 2017, a donné un coup d’accélérateur décisif à l’écopâturage.
Face à l’impossibilité d’utiliser des désherbants chimiques, les collectivités recherchent des alternatives durables et économiques. L’écopâturage s’impose comme une solution évidente.
GreenSheep : l’expertise professionnelle au service des collectivités et des entreprises
Dans ce contexte de forte croissance, GreenSheep s’est imposé comme un acteur de référence de l’écopâturage professionnel. Notre approche repose sur une expertise technique approfondie et un accompagnement complet des collectivités et des entreprises.
Nous travaillons avec plus d’une trentaine de races de moutons rustiques, sélectionnées pour leur adaptation aux conditions climatiques locales et au type de végétation présente.
Chaque installation comprend :
- des clôtures en bois durable (châtaignier ou acacia),
- un abri solide,
- un abreuvoir,
- et le suivi régulier par un berger local.
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