Johann élève des brebis Hampshire et Bérichon du Cher, deux races reconnues pour leur bonne rusticité. Son troupeau compte aujourd’hui cent soixante brebis. Éleveur depuis 2010 et avec des brebis depuis 2016, il est titulaire d’un BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole) et a rejoint le réseau GreenSheep il y a un an. Il intervient notamment sur le site d’écopâturage en Bourgogne Franche-Comté Chronopost à Besançon.
Rencontre avec un passionné attaché à faire le lien entre le monde paysan et l’industrie.
Johann, qu’est-ce qui vous a amenée à ce métier ?
J’ai suivi un BPREA et je travaille dans l’élevage depuis 2010. Les brebis, c’est depuis 2016. Ce qui me plaît, c’est d’abord de travailler au grand air avec les animaux et d’être avec eux au quotidien. Conduire un élevage de moutons, c’est très intense émotionnellement : prodiguer les soins, assister aux naissances… en permanence. On ne s’ennuie jamais, il y a très peu de routine dans ce métier.
Comment se passe votre mission sur le site Chronopost de Besançon ?
Très bien. J’ai mis en place la clôture en septembre. Avant ça, le sol était trop dur. Les brebis ont été placées à l’automne, après un défrichage mécanique. Je les ai retirées pendant l’hiver, car il n’y avait plus assez d’herbe, puis remises en mars. Elles ont fait une petite escapade lors de la venue du tondeur en mai… et les voilà de retour depuis juin ! Je passe deux fois par semaine, en moyenne et j’évite toujours les heures de pointe, car chez Chronopost, il y a beaucoup d’allées et venues de véhicules. Comme ça, ça ne dérange personne.
Qu’est-ce que vous appréciez dans ce partenariat ?
Ce qui me touche particulièrement, c’est de voir des échanges entre le milieu paysan et le milieu industriel. C’est assez rare. Je suis satisfait de ma relation avec le responsable du site, les échanges se passent vraiment bien. J’ai déjà utilisé l’application pour donner des nouvelles de ma routine sur le terrain, ça facilite le suivi et ça crée un lien concret avec le client.
Quels changements observez-vous sur le terrain ?
Les ronces mangées par les moutons sont moins volumineuses, les arbustes sont bien régulés. C’est facile à constater. Je tiens à montrer que la tonte naturelle — c’est-à-dire l’écopâturage — est plus respectueuse pour l’environnement que la tonte mécanique. On observe notamment le retour des pollinisateurs et des insectes en général.
Vous avez des chiens de troupeau ?
Oui, j’ai des chiens de troupeau pour conduire les brebis. Ils sont avec moi pour les déplacements et la gestion du pâturage.

Une anecdote marquante depuis le début de cette mission ?
J’ai signalé au responsable du site qu’il y avait un cerisier sur le terrain. Il n’en avait aucune connaissance. C’est un détail, mais ça dit quelque chose d’essentiel : la présence des moutons incite les collaborateurs à regarder leur environnement différemment, à mettre le nez dehors. C’est l’un des effets inattendus de l’écopâturage.
Un message pour les jeunes bergers qui souhaitent se lancer dans ce métier ?
Je leur dis toujours de ne pas hésiter à faire un maximum de stages pour glaner des idées et peaufiner leur projet au maximum. J’ai moi-même été plusieurs fois maître de stage. Il faut voir des choses différentes, se confronter à des réalités diverses avant de se lancer. Et accepter que ce soit un métier passionnant, mais physique !
Merci à Johann pour ce témoignage de terrain. Vous souhaitez en savoir plus sur les races rustiques adaptées à l’écopâturage sur votre terrain ? Retrouvez nos autres articles sur le sujet.