Dans le cadre de notre série de portraits, nous sommes allés à la rencontre de Soazic, bergère installée dans le Loiret. Titulaire d’un BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole), elle s’est spécialisée dans l’élevage de moutons solognots et s’est formée à l’écopâturage en Centre-Val de Loire. Installée à son compte depuis 2022, elle a rejoint le réseau GreenSheep la même année.
Échange autour d’un métier qui, d’après notre bergère, rime avec rigueur, sensibilité écologique et belles rencontres.
Bonjour Soazic, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Bien sûr ! Alors, avant de devenir bergère sachez que j’étais botaniste. Malheureusement, je voyais certaines plantes disparaître année après année et c’est ce qui m’a amené à m’intéresser à l’éco-pâturage. À mon compte depuis 2022, je me suis formée via un BPREA et je suis aujourd’hui spécialisée dans la reproduction des moutons solognots. J’ai ensuite rejoint le réseau GreenSheep la même année.
Qu’est-ce qui vous plaît justement dans le partenariat avec GreenSheep ?
Avant tout, le fait de pouvoir déléguer la recherche de contrats qui me permet de me concentrer uniquement sur mon cœur de métier, le terrain et mes bêtes. J’apprécie aussi de pouvoir choisir où je place mes animaux, c’est-à-dire uniquement sur des terrains d’entreprises où j’ai confiance. Et puis il y a la relation humaine… J’apprécie d’échanger avec les collaborateurs, de créer un vrai lien et de proposer des animations et des temps de sensibilisation.
Quel lien avez-vous gardé avec votre passé de botaniste ?
Mon métier actuel me permet de faire le lien entre mes deux passions. Quand j’étais botaniste, je constatais le recul de la biodiversité. Aujourd’hui, je fais “l’état des lieux” des sites avant et après l’arrivée des moutons, et constate que l’écopâturage est une vraie réponse pour préserver les écosystèmes et faire revenir certaines plantes. Je l’ai moi-même observé sur plusieurs sites : la vie revient, des orchidées réapparaissent, et parfois même des plantes endémiques.
Comment est née votre passion pour les moutons ?
En observant le travail de copains éleveurs, je suis tombée amoureuse de cet animal. Ce que j’aime chez le mouton, c’est son intelligence et sa grande capacité d’adaptation. D’ailleurs, il sait trouver les plantes qui le nourrissent, mais aussi celles qui le soignent. Par exemple, certains moutons vont se nourrir de lichens lorsqu’ils ont de la fièvre.
Pour vous, qu’est-ce que représente l’écopâturage ?
Pour moi, cela représente le renouveau du biotope. Grâce à ce métier, je suis en phase avec mon engagement écologique et j’aime sensibiliser les collaborateurs aux bienfaits de l’écopâturage.
Mais au-delà du plaisir, ce métier demande de la rigueur. Il faut surveiller en permanence l’état des terrains pour que les bêtes aient suffisamment d’herbe à manger, sans que les terrains ne soient surpâturés. C’est un vrai équilibre à trouver.
Une anecdote qui vous a marquée ?
Lors d’une mission sur le site d’une crèche, les enfants faisaient des dessins pour les moutons. Aussi, quand les agneaux sont nés, c’était drôle : des bébés qui savaient à peine marcher rencontraient d’autres bébés, et on entendait les enfants appeler les agneaux « bébés », eux aussi !
Comment réagissent les entreprises et collectivités que vous rencontrez ?
C’est toujours très positif. Même les personnes indifférentes au départ finissent par s’intéresser aux moutons et viennent aux ateliers que je propose : tonte, démonstration du travail du chien, pâture en extérieur… Les collaborateurs viennent parfois avec leurs enfants le mercredi pour observer les animaux. J’habitue mes moutons à être manipulés, et généralement, ils se laissent approcher facilement.
Un grand merci à Soazic pour ce moment d’échange !
👉 Vous souhaitez en savoir plus sur l’écopâturage et ses bienfaits pour la biodiversité ? Retrouvez nos autres articles sur le sujet.